Intervention de Jacqueline HERE :
Gel des dotations de l’Etat pour 3 ans avec l’incidence pour notre collectivité d’une perte de 1M€ sur l’ensemble DGF - compensations fiscales. Gel de la masse salariale de la fonction publique. Réforme de la taxe professionnelle induisant une modification de notre politique d’abattement de la taxe d’habitation. Bouleversement de la construction du pacte financier élaboré au niveau intercommunal qui aura des conséquences indirectes sur le produit des impôts ménages de notre ville à travers la dotation de solidarité communautaire.
C’est dans ce contexte extrêmement tendu qu’une fois encore, notre collectivité va devoir poursuivre ses efforts de rigueur budgétaire accomplis depuis plusieurs exercices déjà : dans ses dépenses sur les charges de fonctionnement des services, dans le versement des subventions alors même que les associations sont une véritable ressource de la vie locale, dans la révision à la baisse de sa programmation pluriannuelle des investissements, dont les 2/3 seront consacrés aux programmes nécessaires de conservation du patrimoine de nos équipements.
Certes, il y aura la légère reprise des droits de mutation associée à la perspective de recettes nouvelles avec la mise en place de la Taxe Locale sur la Publicité Extérieure ou la taxe sur les déchets entrants à l’UVED du Spernot.
Mais comment croire que l’étranglement financier de nos collectivités par l’Etat n’aura pas de conséquences désastreuses sur la cohésion sociale, les services rendus à la population et l’investissement utile qu’elles financent aujourd’hui pour plus de 70 % ?
Comment croire que le gel des dépenses publiques, la privatisation des services publics va préserver la solidarité et l’égalité des chances ?
Comment croire au dialogue entre l’Etat et les élus locaux quand sonne le glas de la décentralisation par une réforme menée au pas de charge, sans consultation des assemblées élues dans les territoires ?
Comment croire que demain, plus qu’hier, les baisses d’impôts des entreprises et des plus riches vont favoriser l’emploi et l’investissement à long terme ? Renault met 3 000 personnes en préretraite, Thalès supprime 1 500 emplois, l’avenir de nos entreprises locales, Breizadic et Compétence, s’assombrit dangereusement.
On voit bien que la politique menée par la droite est une politique contre le peuple. Les plus riches se sont enrichis, les pauvres sont plus nombreux. Un pouvoir d’achat et des conditions de vie pour une grande partie de la population dégradés, une baisse des salaires, un recul des protections sociales, un taux de chômage qui atteint les 10 %, 25 % chez les jeunes, et 13 % de la population qui vit avec moins de 949 euros par mois.
Par contre, le nombre de personnes ayant un revenu de plus de 500 000 euros a augmenté de 70 % ! Les niches fiscales se sont multipliées pour atteindre 172 milliards par an. Le bouclier fiscal a été créé, les impôts des riches ont diminué, la dette de l’Etat a été multipliée par deux.
Pourtant des propositions alternatives existent que les communistes continueront de porter, comme rémunérer plus le travail que les actionnaires, recruter enseignants et personnels dont nos services publics ont tant besoin, et réformer notre fiscalité pour la rendre plus juste et efficace. Cela passe par la suppression du bouclier fiscal, l’augmentation de la taxation sur les gros patrimoines, la modification du barème de l’impôt pour renforcer la contribution des hauts revenus.